Portrait de skipper

Tanguy LE TURQUAIS FR
QUEGUINER - KAYAK - N°39

Année de naissance : 1989

Présentation

Source du texte : www.www.queguiner-voiles-ocean.fr

TANGUY LE TURQUAIS, LA MER EN HÉRITAGE

La voile, Tanguy est tombé dedans tout petit. Originaire d’Istres, il déménage très jeune à Vannes, où son père, qui donne des cours de voile, l’emmène faire de la caravelle dans le Golfe du Morbihan. Alors qu’il n’a que huit ans, ses parents se séparent. Tanguy emménage sur un voilier basé à Vannes avec son père et ses deux petites sœurs, à bord duquel il habitera pendant 15 ans. Si les enfants suivent une scolarité normale à terre, la famille s’échappe en bateau pendant les vacances, traversant régulièrement la Manche ou le Golfe de Gascogne pour sillonner les côtes de l’Espagne, du Portugal, de l’Angleterre ou de l’Irlande. « On vivait bateau à 100%. Je ne viens pas d’une famille de marins, mais mon père était vraiment passionné de voile, qui rêvait d’en faire son métier. Il m’a transmis sa passion », raconte le marin vannetais, qui fêtera ses 30 ans cette année.

UNE ENFANCE BERCÉE PAR LES VAGUES

Si sa passion pour la mer ne cesse de grandir au fil des années, tout bascule en 2003, quand son père traverse pour la première fois l’Atlantique en suivant la Mini Transat sur un bateau accompagnateur. « J’avais 14 ans. C’était le début du numérique. Il nous a ramené plein de photos souvenirs, qui m’ont fait rêver toute mon adolescence. Ça a été vraiment l’élément déclencheur », se souvient-il. Ses études de Marine Marchande quasiment terminées, Tanguy, titulaire d’un BPJEPS et d’un Capitaine 200, se jette à l’eau et décide de réaliser son rêve en achetant son premier bateau, un POGO 2, avec ses économies et celles de sa famille. Il a 21 ans.

PASSE TA MINI D’ABORD

Attiré par la navigation mais également par la compétition et le défi physique et psychologique qu’elle représente, il débarque dans la course au large en 2011 sans argent, mais très motivé et déterminé. 6ede sa 1ère Mini Transat en 2013, il n’a qu’une envie : poursuivre l’aventure. Sa manière de communiquer lui permet de se faire remarquer et de se démarquer. Un chantier lui prête un bateau et il embarque quelques partenaires à ses côtés. Sacré Champion de France Mini 6.50 en 2014, il truste les podiums de toutes les courses auxquelles il participe et commence à se faire un nom dans le milieu, passant du statut d’amateur à celui de favori, même s’il continue à travailler en parallèle. 3e de la Mini Transat 6.50 en 2015, Tanguy, sacré Champion de France Mini 6.50 pour la 2e année consécutive, revoit ses ambitions à la hausse et décide de faire de sa passion son métier, réalisant par la même occasion le rêve de son père.

DE L’AMATEURISME AU PROFESSIONNALISME

Après avoir fait ses armes avec brio sur le circuit Mini 6.50, Tanguy se lance sur le circuit Figaro en 2016. Après une 1ère Transat AG2R sans moyens avec Hervé Aubry, il s’aligne pour la 1ère fois au départ de la Solitaire du Figaro en 2017, sur laquelle il termine 3e bizuth et 16e au classement général. 1er bizuth du Championnat de France Elite de Course au Large pour sa 1ère saison complète sur le circuit, il fait des débuts remarqués avant d’entamer une saison pleine de promesses avec un nouveau sponsor, Everial. 5e de la Solo Normandie puis 14e de la Transat AG2R La Mondiale, qu’il dispute avec sa compagne Clarisse Crémer, il est stoppé dans son élan par des problèmes de santé, qui l’empêchent d’être compétitif sur le plan sportif dès le mois de juin. Il termine néanmoins 19e de la Solitaire du Figaro. Remis sur pieds après trois mois passés à l’hôpital cet hiver, Tanguy sera à la barre du Figaro Bénéteau 3 Groupe Quéguiner toute la saison 2019, avec en point d’orgue une 3e participation à la Solitaire du Figaro. 

LE PARTENARIAT

Après six années aux côtés de Yann Eliès couronnées par trois victoires sur la Solitaire du Figaro en 2012, 2013 et 2015 et une belle 5e place sur l’édition 2016-2017 du Vendée Globe, le Groupe Quéguiner a décidé de revenir sur le circuit Figaro cette année en donnant sa chance à Tanguy Le Turquais, un jeune marin talentueux qu’il compte bien accompagner jusqu’au plus haut niveau.

Si le Groupe Quéguiner n’a pas souhaité se lancer sur une 2e campagne de Vendée Globe aux côtés de Yann Eliès, la chaîne d’agences spécialisée en matériaux de construction n’a pas pour autant décidé d’affaler les voiles et de mettre un terme à son engagement dans le milieu, qui lui permet de communiquer en externe et de développer sa notoriété, tout en fédérant l’interne. « La voile est un sport sain qui véhicule de belles valeurs telles que le dépassement de soi. On a passé de très bons moments avec Yann, et on ne se voyait pas arrêter. L’arrivée du Figaro 3 nous a décidé à revenir sur le circuit avec un nouveau projet », explique Bertrand Quéguiner, le responsable du projet voile au sein du groupe éponyme.

LE DÉBUT D’UNE NOUVELLE AVENTURE

Après avoir lancé un appel à candidature au printemps dernier, le groupe finistérien, basé à Landivisiau, a porté son choix sur l’ancien Ministe Tanguy Le Turquais, « un bon communiquant sympathique et un bon sportif, qui partage les valeurs du Groupe », avec qui il a signé un partenariat d’un an renouvelable. « Notre ambition commune est de progresser au fur et à mesure et d’espérer faire un jour un super résultat », souligne Bertrand Quéguiner.

Pour Tanguy Le Turquais, ce partenariat avec un Groupe qu’il affectionne marque une nouvelle étape dans sa jeune carrière de Figariste. « Je m’étais déjà attaché au Groupe Quéguiner à l’époque de Yann Eliès, car il accordait beaucoup d’importance au projet voile et mettait beaucoup d’enthousiasme dans la réalisation de ses projets. Je me disais que c’était incroyable d’avoir un tel partenaire. C’est vraiment génial d’avoir été choisi, surtout que certains candidats avaient un plus beau palmarès que moi », se réjouit le skipper vannetais, qui a hâte d’écrire une belle histoire avec son nouveau partenaire.

« Je suis ravi d’attaquer un nouveau projet. Je ne sais pas si je réussirai à faire aussi bien que Yann, qui a mis la barre très haut avec ses trois victoires sur la Solitaire du Figaro. Il va falloir beaucoup travailler. Mais en tous cas, son parcours est une grosse source d’inspiration pour moi. Le chemin est tracé », confie celui qui ambitionne d’inscrire un jour son nom au palmarès de la « reine des courses au large », dont il prendra le départ pour la 3e fois cette année. « La victoire est un objectif à terme, mais qui n’est pas réalisable tout de suite. Les compteurs sont remis à zéro cette année, avec un nouveau bateau, un nouveau plateau et des anciens vainqueurs qui reviennent. Difficile de faire des pronostics. Mon objectif est d’être dans les cinq ou dix dans deux ans, et de faire partie des animateurs de la classe dès cette année. J’ai la chance d’avoir un budget et le temps de pouvoir mettre les choses en place », conclue-t-il.

Ensemble, ils participeront à l’ensemble des courses inscrites au calendrier du Championnat de France Elite de Course au Large en 2019, qui comprend cette année deux courses en double : la SardinhaCup (25 mars au 14 avril) et le Tour de Bretagne à la Voile (1er au 14 septembre), et quatre en solitaire : la Solo Maître Coq (26 avril au 5 mai), la Solitaire URGO Le Figaro (27 mai au 30 juin) et la Douarnenez – Horta (21 juillet au 18 août). Un beau programme en perspective.

Le bateau

Nom : QUEGUINER - KAYAK
Numéro : 39
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