Prendre le large - Le 10 août 2019 - 16:41

780 milles, c’est la longueur du parcours qui ralliera Gijón à Douarnenez en passant par le Fastnet, seule marque de parcours à contourner. Pour le reste, c’est quartier libre : les solitaires vont disposer d’un premier bord de 500 milles pour tenter des options. Le jeu risque d’être très ouvert.

 

Dix à quinze nœuds de vent de nord-nord-ouest, grand soleil : on pouvait difficilement rêver mieux pour l’entame de cette deuxième étape. Sitôt la ligne de départ franchie, les solitaires avaient déjà le choix entre progresser vers le nord au plus près de la route directe ou virer de bord et aller chercher dans l’ouest le futur vent à venir, une fois que la zone de calmes, annoncée pour cette nuit, sera dans le tableau arrière. A priori, les analyses météo semblaient montrer ce matin que la route directe serait barrée et qu’il faudrait oser un contournement en longeant la côte cantabrique vers l’ouest pour espérer garder de la pression.

Question de philosophie

Pour l’heure, la flotte reste groupée dans le sillage des leaders, Tom Laperche (Bretagne CMB Espoir), Loïs Berrehar (Bretagne CMB Performance) et Xavier Macaire (Groupe SNEF). Pour négocier la bulle sans vent de la nuit, deux attitudes sont possibles : soit on considère que ce qui est pris n’est plus à prendre et que tout gain sur la route est une sorte de garantie pour l’avenir, soit on décide d’investir, de prendre le risque de perdre du terrain pour préparer un retour triomphal au premier plan.  Mais s’extirper du paquet n’est pas si facile surtout quand il faut le faire à rebours des leaders. Il faut être mentalement très fort, être sûr de ses choix, ne pas attendre qu’il soit trop tard pour transformer une option potentiellement gagnante en un bord du facteur désespéré. En attendant, la situation est plutôt confortable pour les leaders du classement général qui n’ont aucun intérêt à voir la flotte éparpillée, façon puzzle.

Une sortie de baie animée

Mais à l’heure du départ, on n’en était pas à ses considérations. En bons régatiers, les Figaristes ne se souciaient que d’une chose, comment bien passer la ligne de départ et s’assurer d’un avantage de quelques mètres, dont on sait qu’ils font rapidement des petits. A ce petit jeu, c’est Tanguy Le Turquais (Quéguiner Kayak) qui prenait le meilleur départ en bout de ligne, suivi comme son ombre par Tom Laperche (Bretagne CMB espoir), Pierre Leboucher (Guyot Environnement) et Martin Le Pape (Skipper Macif 2017). Partis bâbord amures, Alan Roberts (Seacat Services) et Justine Mettraux (TeamWork) croisaient juste derrière le groupe de furieux qui se chicanaient à la bouée de bout de ligne, mais passaient au nez et à la barbe de tous ceux qui avaient préféré partir du côté du bateau comité. Après s’être égayée dans la baie de Gijón, la flotte finissait par se regrouper et filer plein nord vers le Fastnet. Il faudra peut-être attendre que le vent commence à mollir pour voir quelques éclaireurs répondre à l’appel de l’ouest.