Le retour des costauds - Le 11 août 2019 - 17:55

Finalement, les solitaires de la Douarnenez Courses Solo Gijón n’auront pas eu beaucoup à souffrir des calmes redoutés pour leur première nuit en mer. Depuis le départ, la vitesse moyenne de 7 nœuds témoigne d’une progression sans encombre. Les marins ont dû avant tout faire parler leur science des réglages et de la vitesse.

 

A ce jeu, les sociétaires du centre d’entraînement de Port-la-Forêt ont une petite longueur d’avance. Habitués aux confrontations avec leurs partenaires d’entraînement, ils ont rapidement intégré les repères qui leur permettent de bénéficier du chouia de vitesse supplémentaire. Ce n’est donc pas un hasard de retrouver sur le podium provisoire Loïs Berrehar (Bretagne CMB Performance), Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) et Tom Laperche (Bretagne CMB Espoir). Derrière ce trio Xavier Macaire (Groupe SNEF) reste en embuscade. Le skipper sablais est un habitué des raids au long cours et l’on sait que ses fins de parcours sont marquées d’une haute intensité qui lui permettent souvent de faire la différence.

Une première nuit sans surprise

Autant, lors de l’étape aller, les nuits des navigateurs avaient été compliquées, autant la première de cette étape retour n’aura pas généré de bouleversements. Les marins ont pu se reposer un peu et c’est la finesse de conduite qui aura fait la différence. Les skippers ne boudaient pas leur plaisir d’être en mer, tels Tanguy Le Turquais (Quéguiner Kayak) ou Pierre Leboucher (Guyot Environnement) qui évoquaient des conditions de navigation proches de l’idéal : bonne vitesse, vent stable, grand soleil. Cécile Laguette (Éclisse) ou bien encore Alan Roberts (SeaCat Services) évoquaient, malgré tout, les difficultés qu’ils avaient pu éprouver à trouver les bons réglages pour passer dans une mer encore assez formée et dans un vent encore un peu faiblard. D’autres se contentent de plaisirs simples tel Martin Le Pape (Skipper Macif 2017) qui retrouvait le bonheur de manger chaud, après avoir perdu sa bouteille de gaz dans la première étape.

Grains à l’horizon

Ce décor idyllique devrait laisser la place à des conditions plus rustiques dans les heures à venir avec l’arrivée d’un front sur l’ouest du golfe de Gascogne. Selon Jean-Jacques Quéré, le météorologue de la course, le renforcement de l’air froid en altitude devrait générer une forte instabilité sous les grains. En d’autres termes, il va falloir s’apprêter à négocier des vents en rafales, de directions variables. Savoir anticiper, être rapide sur les manœuvres, vont devenir les clés pour se maintenir aux avant-postes. Compte-tenu des différences de vitesse du Figaro 3 suivant qu’il porte ou non la toile adéquate, des écarts significatifs sont à prévoir en fin de nuit.