Au Four et au moulin - Le 14 août 2019 - 18:30

Ça va batailler ferme jusqu’à la ligne d’arrivée. Les trois flottes convergent sous spi vers l’entrée du chenal de la Helle, antichambre du chenal du Four. Les solitaires bénéficieront du courant favorable jusqu’à minuit et devraient glisser rapidement vers la baie de Douarnenez.

 

Décidément, les solitaires de la Douarnenez Courses Solo Gijón ont le sens du spectacle. Après avoir adopté des routes divergentes depuis le passage du Fastnet, tous sont sur le point de se rejoindre à l’entrée du chenal du Four. Déjà poussée par un bon vent d’ouest, la flotte devrait prendre un petit coup de pied aux fesses avec le courant portant qui forcira jusque devant l’entrée du Conquet. Qui des tenants de l’option ouest, du centre ou de l’est sortira gagnant ? Difficile à dire, d’autant que la balise de Xavier Macaire (Groupe SNEF) ne permet pas de le positionner en même temps que les autres concurrents. Pour les autres, Pierre Leboucher (Guyot Environnement) semble toujours tenir la corde, quelques milles devant les deux skippers du team Bretagne CMB, Tom Laperche et Loïs Berrehar.

 

Rincés au propre comme au figuré

Les quelques messages très succincts envoyés par les coureurs témoignent de l’engagement que tous mettent en cette fin de parcours. Stan Thuret (Everial) n’avait pas mémoire d’avoir été secoué, trempé de cette manière depuis fort longtemps quand Justine Mettraux (TeamWork) décrivait des conditions dans lesquelles se tenir debout relevait déjà de l’exploit. Xavier Macaire n’était pas en reste, qui avait enfilé sa combinaison sèche, tous ses vêtements de mer étant définitivement hors d’usage, suite aux paquets de mer encaissés. Tous les favoris flirtent avec des vitesses à deux chiffres en permanence et sont attendus à Douarnenez dans la soirée. Les premiers devraient logiquement en finir vers 20h30 – 21h.

 

Une sélection par l’expérience

Dans ces conditions, les écarts se sont creusés logiquement entre les ténors du circuit et les autres qui venaient pour engranger de l’expérience. Vingt-cinq à quarante milles séparent maintenant Alan Roberts (SeaCat Services) dernier du peloton de tête et le gruppetto de ceux qui préfèrent aller à leur rythme sans se laisser tenter par une euphorie inconsidérée. Cela n’empêche pas quelques duels comme ceux qui opposent Gaston Morvan (Océan Attitude – Halte au Cancer) et Matthieu Damerval (Klaxoon M) ou bien encore Cassandre Blandin (Klaxoon C) et Stan Thuret. Ceux-là savent qu’ils ne se battent pas pour le podium, mais donner le meilleur de soi-même, tenter de grappiller quelques milles à l’adversaire le plus proche, est en soi une petite victoire.